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Herborisation à Saint-Roch-des-Aulnaies

Herborisation à Saint-Roch-des-Aulnaies

Bonjour à tous,

La vague de froid est exécrable ... Le printemps s'annonçait pourtant si beau et doux. C'est notre climat !

Aujourd'hui, je vous amène sur les bords du Saint-Laurent à Saint-Roch-des-Aulnaies, sur une pointe rocheuse qui avance dans le fleuve : une plante indigène menacée et d'autres plantes de notre patrimoine floristique. Vous verrez aussi un beau lichen orange qui colore les rochers de ce coin de pays.

Merci beaucoup à tous mes coéquipiers botanistes qui m'ont aidé à identifier les plantes et qui ont révisé mes termes botaniques ainsi que ma forme grammaticale : Jacques Labrecque (Direction de l'expertise en biodiversité), Jacques Ranger (professeur retraité et botaniste), Frédéric Coursol (Jardin botanique de Montréal), Marie-André Zizka (biologiste), Camille Rousseau (botaniste) et Jean-Denis Brisson (systématicien).

Sans ces personnes pour m'appuyer et me sécuriser je ne pourrais vous présenter ces textes sur notre beau patrimoine floristique Québécois.

Je pars pour une semaine en Californie vendredi matin à bonne heure, pour une douzième participation annuelle au California Spring Trials. Je travaille pour le compte de la Coopérative Groupex dans le cadre de cette participation. Donc mes prochaines infolettres traiteront des nouveautés horticoles 2017, principalement des annuelles, mais aussi des vivaces et des arbustes. Ceux qui me suivent sur Facebook auront des nouvelles quotidiennement.

Ma prochaine herborisation dans cinq semaines traitera de la flore d'une falaise visitée en juin 2015 à Marsoui en Haute-Gaspésie. Entre autres, vous verrez la beauté des colonies de Primula laurentiana de ce secteur et l'Arabis alpina.

Bonne lecture et à la prochaine,

Rock

Entête Rock Giguère

Date : 5 avril 2016
Infolettre : 201600405

Herborisation à Saint-Roch-des-Aulnaies

La municipalité de Saint-Roch-des-Aulnaies tire son nom du fait que des aulnes en grande quantité poussaient en bordure du fleuve Saint-Laurent à cet endroit. Elle est située en face de Charlevoix et de ses montagnes. Les premières concentrations de sel dans le fleuve Saint-Laurent apparaissent à la pointe est de l'île d'Orléans. La salinité des eaux du fleuve Saint-Laurent qui est encore faible à Montmagny augmente en s'en allant vers l'est. À Saint-Roch-des-Aulnaies, la salinité n'est pas vraiment marine, les eaux étant mi-salées, mi-douces. C'est une zone de transition où la composition végétale commence à changer.

Herborisation à Saint-Roch-des-Aulnaies

Herborisation à Saint-Roch-des-Aulnaies

Herborisation à Saint-Roch-des-Aulnaies

Cerastium arvense L. 1753
Le céraiste des champs
Field chickweed, field mouse-ear chickweed, meadow chickweed, prairie mouse-ear chickweed, starry grasswort

Le genre Cerastium, qui appartient à la famille des Caryophyllacées, compte environ 100 espèces de plantes annuelles et vivaces ainsi que de rares espèces quelque peu ligneuses. Sa distribution est presque cosmopolite. On rencontre beaucoup de ses membres dans les régions tempérées et froides, spécialement en haute élévation. Quelques espèces herbacées sont cosmopolites, mais la plupart ont une distribution localisée. Le centre de diversification du genre Cerastium se situe en Eurasie. Une étude phylogénétique, publiée en 2004, suggère que l'origine du genre provient de l'Ancien Monde et qu'au moins deux migrations sont survenues vers l'Amérique du Nord. Une première migration aurait utilisé la Béringie, un pont terrestre qui a existé à quelques reprises entre la Sibérie et l'Alaska au cours de l'histoire. Une autre migration aurait emprunté le couloir formé par le pont terrestre de l'Atlantique Nord, reliant la flore de l'Amérique du Nord et du sud de l'Europe en passant par l'Écosse et le sud du Groenland, ou par le nord du Groenland et la Fennoscandie (correspond à la péninsule scandinave). C'est ce qui a donné la distribution circumpolaire actuelle des espèces arctiques.

Le céraiste des champs

L'espèce arvense est présente en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe. On la rencontre dans les champs, les lieux pierreux et sablonneux ainsi que le long des chemins, en plaine comme en montagne. Au Québec, on la trouve sur les berges du golfe du Saint-Laurent. C'est une plante herbacée vivace qui peut atteindre 30 à 45 cm (12 à 18 po) de hauteur. Elle est couverte de poils simples et droits. Ses tiges sont rampantes à la base, puis dressées, formant une touffe gazonnante. Ses feuilles étroites vert clair, qui ne mesurent que quelques centimètres, sont oblongues ou linéaires lancéolées. En mai et en juin, le céraiste des champs donne des fleurs blanches à cinq pétales bifides, qui peuvent être solitaires ou réunies en grappe. Le fruit est une capsule oblongue cylindrique, un peu courbée, évoquant le nom du genre qui provient du mot grec signifiant corne, pour rappeler la forme courbée du fruit.

L'espèce arvense

L'espèce arvense

Plantago eriopoda Torr. 1827 Espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable
Le plantain à base velue
Saline plantain, alkali plantain, red woolly plantain

La famille des Plantaginacées comprend trois genres : Bougueria, Littorella et Plantago. Cette famille a une répartition mondiale, excluant le continent de l'Antarctique, une grande partie de l'Arctique et les basses terres des Tropiques.

Linné a créé le genre Plantago en 1753. Ce genre compte environ 270 espèces, dont l'espèce eriopoda, nommée en 1827 par le botaniste étasunien John Torrey (1796-1873). Torrey a décrit l'espèce à partir d'un spécimen récolté par le botaniste Edwin James (1797-1861), le long de la rivière Platte au Nebraska, un affluent de la rivière Missouri. L'espèce prospérait dans des dépressions et des milieux humides.

L'espèce eriopoda est présente au Canada et aux États-Unis. On trouve le plantain à base velue sur des sols salins ou alcalins, dans les prairies, dans les vallées des montagnes et dans des marais. Dans l'est de l'Amérique du Nord, cette espèce se rencontre seulement sur les rives du fleuve Saint-Laurent près de Québec, jusqu'à Gaspé et l'île d'Anticosti. L'un des spécimens représentatifs de l'étude taxinomique de I. J. Basset sur le genre Plantago en Amérique du Nord, déposé en 1966 à la collection nationale de plantes vasculaires d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, provenait de Saint-Roch-des-Aulnaies. Ce plantain figure sur la liste des 332 espèces floristiques vasculaires susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables. La taxonomie du plantain à base velue est très peu comprise étant donné le petit nombre de spécimens récoltés dans des aires géographiques largement dissemblables.

Le plantain à base velue

Le plantain à base velue est une plante herbacée vivace qui produit une rosette de feuilles basales qui arborent des poils laineux rouges à leur base, ce qu'évoque le nom de l'espèce qui signifie «pied laineux». Les feuilles, dont la forme varie de lancéolée à ovale, peuvent mesurer 25 cm (10 po) de longueur. La tige florale peut atteindre 40 cm (16 po) de hauteur.

Le plantain à base velue

Nabalus albus (L.) Hook. 1833 (Syn. Prenanthes alba L. 1753)
La prenanthe blanche
White rattlesnakeroot, white lettuce

La tribu des Cichorieae est l'une des tribus de la famille des Astéracées qui comprend le plus de divergences morphologiques et l'une des plus diversifiée avec plus de 1 600 espèces. Comme plusieurs groupes sont très variables, la classification des groupes subordonnés à cette tribu demeure problématique et les distinctions génériques sont encore en train d'être étudiées et validées. En 2009, une étude sur la tribu, par le botaniste allemand Norbert Kilian (1957-) et ses collaborateurs, a séparé le genre Nabalus qui est polyphylétique, donc ayant plus qu'une origine évolutive, du genre Prenanthes. La délimitation du genre Prenanthes était un objet de questionnement depuis longtemps pour plusieurs botanistes.

La prenanthe blanche

Devenu un genre distinct, le genre Nabulus comprend environ 24 espèces dont l'espèce albus. On rencontre les espèces de ce genre en Amérique du Nord et en Asie. La plupart des espèces de ce groupe sont des plantes indigènes de l'Amérique du Nord.

L'espèce albus est originaire de l'Amérique du Nord. C'est une plante herbacée vivace qui pousse sous une exposition ombragée à semi-ombragée, dans un sol humide, comme dans les forêts humides. Sa tige est la plupart du temps purpurine. Ses feuilles sont généralement triangulaires ou ovales, présentant souvent trois à cinq lobes. La forme de ses feuilles est très variable : il vaut donc mieux ne pas se fier à leur forme pour identifier cette prenanthe. De la mi-août à septembre, cette plante produit des petites fleurs retombantes qui peuvent mesurer 2 cm (¾ po) de longueur. Les fleurs, composées de 8 à 14 pétales, peuvent être rosâtres, blanches ou crème. Les bractées de couleur pourpre, au nombre de 7 à 8, forment un cylindre de 1,5 cm (½ po) de longueur. Les fleurs, qui ont une forme de clochette quand elles sont complètement épanouies, sont pollinisées par les bourdons. Le pédoncule est ascendant. Le plant peut atteindre 60 à 120 cm (2 à 4 pi) de hauteur.

La prenanthe blanche

La prenanthe blanche

Senecio viscosus L. 1753
Le séneçon visqueux
Sticky ragwort, sticky groundsel, stinking groundsel

Le genre Senecio, qui appartient à la grande famille des Astéracées, comprend environ 1 250 espèces et est l'un des plus gros genres parmi les plantes à fleurs. Sa distribution est presque cosmopolite. On trouve presque partout l'espèce type vulgaris, excepté dans les Caraïbes et dans l'Antarctique. Le genre Senecio est très disparate au niveau historique, morphologique et comportemental : il comprend des plantes herbacées annuelles et vivaces, mais aussi des succulentes, des espèces semi-aquatiques, des grimpantes et des arbustes. Au fil du temps, plusieurs classifications infra génériques ont été établies pour subdiviser ce vaste genre. Des sections ont aussi été proposées pour regrouper des espèces apparentées au niveau morphologique. Encore aujourd’hui, ces tentatives de classification sont considérées comme non évidentes. Les sous-groupes sont donc encore informels. Ces problèmes de classification ont empêché de faire et même de tenter de faire une étude approfondie moderne et mondiale sur le genre Senecio.

Le séneçon visqueux est une plante herbacée annuelle originaire de l’Arménie, de la Georgie, de la Ciscaucasie et de l’Europe. Cette espèce commune s'est naturalisée au Danemark, en Finlande, en Irlande, en Norvège, en Suède ainsi qu’au Canada et aux États-Unis. On peut la trouver sur des rivages rocheux, sur des pentes rocailleuses, le long des chemins de fer et dans les endroits sablonneux.

La plante est visqueuse au toucher ce qu’évoque le nom de l’espèce. Elle est couverte de poils fins : la pubescence est glanduleuse. Son feuillage est vert pâle, un peu glauque. Le découpage de ses feuilles profondément lobées est très variable. De juillet à septembre, le séneçon visqueux donne des fleurs jaunes de petite taille constituées de cinq pétales jaunes. Les rayons sont évidents. Le capitule peut mesurer jusqu’à 1 cm (½ po) de diamètre. Les bractéoles font environ la moitié de la hauteur de l’involucre qui est cylindrique. La floraison est suivie par la formation d'achènes aigrettés. Le plant atteint 10 à 60 cm (4 à 24 po) de hauteur. Sa forme générale est érigée.

Le séneçon visqueux

Le séneçon visqueux

Xanthium strumarium L. 1753 (Syn. Xanthium chinense Mill. 1768)
La lampourde glouteron, la lampourde ordinaire
Rough cockleburr, Canada cockleburr, cockleburr, common cocklebur

Le genre Xanthium, créé par Linné en 1753, appartient à la famille des Astéracées. La taxonomie de ce genre est très confuse depuis plusieurs siècles. Même aujourd'hui, il contiendrait deux à trois espèces selon certains taxonomistes, comme ceux de Flora of North America, alors que d'autres établissent ce nombre à une douzaine, le nombre d'espèces acceptées par la banque de données The Plant List. Le nom générique provient de xanthos qui veut dire jaune, pour évoquer que ces plantes donne une teinture jaune.

L'espèce strumarium a connu plusieurs autres noms comme canadense, pensylvanicum, italicum, orientale, curvescens et occidentale. C'est une plante herbacée annuelle qui serait indigène de l'Amérique du Nord et du sud (Vénézuela), de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique (Égypte et Maroc). Son origine exacte est très controversée. Au début, on pensait qu'elle provenait d'Europe. Certains botanistes prétendent aujourd'hui qu'elle serait originaire de l'Amérique centrale même si elle est plus abondante en Amérique du Nord. Elle s'est naturalisée en Afrique, en Asie, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Europe, dans certaines îles du Pacifique et en Amérique du Sud. Cette espèce serait plus commune dans les zones tempérées. La lampourde glouteron est devenue une mauvaise herbe nuisible dans plusieurs contrées.

La lampourde glouteron pousse dans les sols et les champs humides, sur les berges des cours d'eau, sur les plages et les dunes côtières. Ses feuilles triangulaires, plus ou moins lobées, sont pubescentes. Elles sont rugueuses au toucher. Elles sont assez grosses pouvant mesurer 20 cm (8 po) de longueur et 15 cm (6 po) de largeur. Les tiges robustes et dressées de cette astéracée sont aussi pubescentes et rugueuses. Elles sont marquées de stries violacées. Cette plante de jour court, donc lorsque la luminosité diurne diminue, fleurit et fructifie d'août à novembre. Le fruit est une capsule ovale recouverte d’aiguillons courts qui mesure environ 2 cm (¾ po) de longueur. Les fleurs sont verdâtres. Les fleurs femelles sont enfermées dans la capsule. Cette plante se reproduit par ses graines. Le plant peut mesurer entre 20 à 90 cm (8 à 36 po) de hauteur.

La lampourde glouteron

La lampourde glouteron

Xanthoria (Fr.) Fr. 1861
La xanthorie, le lichen encroûtant jaune

À Saint-Roch-des-Aulnaies, la xanthorie, un lichen, qui est commun sur les rivages du fleuve Saint-Laurent, colore les parois rocheuses. À cet endroit, on peut admirer un environnement typique de ce type. J'avais déjà observé ce lichen saxicole lors d'une excursion à la Réserve du parc national de l'Archipel-de-Mingan. Sa belle couleur orange vif couvre de nombreux rochers, s'établissant à des endroits où la flore n'osait s'aventurer.

Un lichen est une symbiose entre un champignon et une algue. Ce sont les rochers qui fournissent les éléments nutritifs.

le lichen encroûtant jaune

Les photographies des plantes qui ont fait l’objet de cette infolettre sont ou seront disponibles sous peu sur le site : www.millettephotosdeplantes.com.

Au plaisir !!!!!! Enjoy !!!!!!!!

Rock Giguère
2016-04-05

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Imprimé le : 28 septembre 2016