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UN ACONIT GRIMPANT ET SON HISTOIRE

Entête Rock Giguère

Aconitum hemsleyanum ’Red Wine’
Aconit d’Hemsley ’Red Wine’

Le présent texte est une adaptation libre d'un texte signé par un certain Grahame Ware, publié dans le fameux bulletin de l'International Rock Gardener en mai 2012. J'ai bien aimé ce texte car il nous montre qu'il faut être patient, persévérant et ne pas avoir peur de faire plusieurs tentatives lorsque nous introduisons une plante que nous cultivons pour la première fois.

J’ai acheté cette plante à la Maison des Vivaces le 18 mai 2011. Le plant avait été produit par mon amie Isabelle Rocheleau de Solo Vivaces. Elle a donné sa première floraison en 2012.

L’aconit grimpant d’Hemsley ‘Red Wine’ (Aconitum hemsleyanum ‘Red Wine’).
L’aconit grimpant d’Hemsley ‘Red Wine’ (Aconitum hemsleyanum ‘Red Wine’). Photo prise dans mon jardin le 2 septembre 2012.

L'aconit 'Red Wine' fait partie du groupe des aconits grimpants. Cependant, contrairement à la plupart des plantes qui font partie de ce groupe, cette sélection est vigoureuse et produit de grosses fleurs.

Origine de la découverte de cette sélection

En 1989, le Jardin botanique de Göteborg, en Suède, a reçu au printemps des graines de ce qui devait donner des plants d'aconit d’Hemsley (Aconitum hemsleyanum), provenant du Jardin botanique de Shanghai. Comme le Jardin botanique de Göteborg possédait déjà des spécimens authentiques de l'aconit d’Hemsley, les jardiniers constatèrent que les plants obtenus à partir de ces semis ne correspondaient pas du tout à ceux qu'ils possédaient déjà dans le jardin.

L’aconit grimpant d’Hemsley (Aconitum hemsleyanum). Photo prise dans mon jardin le 26 septembre 2006.
L’aconit grimpant d’Hemsley (Aconitum hemsleyanum). Photo prise dans mon jardin le 26 septembre 2006.

Il y a de fortes chances que le plant ait été trouvé à l’état sauvage en Chine. Les fleurs de la progéniture obtenue étaient aussi grosses que celles du populaire cultivar 'Spark's Variety' et sa couleur était rouge vin plutôt que bleu. Le suédois Jonas Bengsston, de Djupedals Plantskola fut le premier producteur horticole à essayer et à introduire cette plante dans le monde.

Notes de culture de cette plante (traduction libre du texte de Graham Ware)

Bengsston m’a envoyé un lot de graines de sorte que j'ai été capable d’en échanger avec des personnes comme Ellen Hornig, qui dirigeait alors Seneca Hill Perennials, cette merveilleuse jardinerie dans le nord de l'état de New York. Malheureusement, cette jardinerie n'est plus en opération depuis 2010.

J’ai réussi un certain nombre de semis de cette curiosité et même de les rendre à maturité en 2006 et 2007. Cependant, le climat du nord de la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique, spécialement son climat hivernal, ne leur a pas plu. Oh ! La plupart des plants ne moururent pas, mais arrêtèrent de bien se développer. Le printemps suivant, ils ont repris un peu de vigueur avant de retomber suite à la série de périodes de chaleur de l'été, environ 40° C ! Qui pourrait les blâmer ?

 L’aconit grimpant d’Hemsley ‘Red Wine’ (Aconitum hemsleyanum ‘Red Wine’). Photo prise dans mon jardin le 2 septembre 2012.
L’aconit grimpant d’Hemsley ‘Red Wine’ (Aconitum hemsleyanum ‘Red Wine’). Photo prise dans mon jardin le 2 septembre 2012.

La plupart des plants vivaient encore après notre déménagement de la maison en plein été, à la fin de juin 2008. Nous n'avions pas de platebandes pour les placer à notre nouvelle maison.

Le printemps suivant, après avoir aménagé quelques platebandes dans un sol sablonneux et rocheux, j'ai décidé que je devrais placer des végétaux autour de mes plants. Trop de soleil ou pas assez ? Faut-il enrichir le sol ou laisser celui-ci pauvre et rocheux ? Benggston avait indiqué que c'est dans un sol frais, sous le climat maritime de la côte ouest de la Suède, que cette plante avait donné la meilleure performance, en plein soleil ou sur des sites qui étaient ensoleillés presque toute la journée. Cependant, les producteurs allemands et français pensaient que la mi-ombre était la situation à privilégier, probablement à cause du soleil très chaud qui prévaut à ces endroits.

Sur mon nouveau terrain, situé sur la côte est de l’île de Vancouver qui fait partie de la zone climatique des vents du mont Arrowsmith, je peux avoir des températures très chaudes durant l'été. Le premier endroit que j'ai essayé était sous un pin à petites fleurs à aiguilles courtes (Pinus parviflora ‘Brevifolia’). Ça c'est bien passé au début et à la fin du printemps. Mais sous la chaleur estivale de l'été 2009, un record de tous les temps, le plant brûla. J'ai même perdu le plant. La seule compensation que j'ai obtenue cette année-là, a été que ma bien-aimée et moi avons nagé à notre goût dans l’océan. Un autre plant placé stratégiquement dans une autre platebande, sous un petit magnolia, m'a aussi dit adieu. Pas si stratégique que cela, après tout.

Les plants en contenant qui me restaient de 'Red Wine' se mirent à trembler quand je me suis approché d'eux au printemps suivant avec mon plantoir et mon sarcloir dans les mains. Je venais de décider que ma prochaine tentative serait de tenter d'imiter leur habitat naturel. Vous vous demandez sans doute quels sont ces conditions ? Dans leur milieu, on trouve généralement ces plantes dans des noues ou fossé herbeux, ou près de petites criques dans les forêts, là où leurs racines sont à l'étroit dans des espaces restreints de fines couches de poudingue (une roche constituée de galets arrondis qui sont liés ensemble et qui se touchent) bien composté qui recouvre un substrat graveleux riche en minéral. Des arbustes aident la plante à grimper tout en leur fournissant en même temps une certaine filtration du soleil. J'ai donc décidé qu'un endroit sur la façade nord de ma maison, sous un petit érable hybride, serait le meilleur endroit pour l'essai de mes futures plantations. Il y a beaucoup de soleil le matin, spécialement quand le soleil tourne autour de mon petit arbre durant l'été. Il baigne alors le plant de sa lumière et disparaît vers 11 h lorsqu’il prend sa pleine force. J'ai littéralement fait un mélange d'écorce mélangé à un vieux fumier de vache. Je lui ai aussi donné régulièrement une application de thé d’algues et de fumier de poule fabriqué à partir d'eau de pluie recueillie dans un baril. Le plant se développa très bien cette année-là mais il n'est jamais venu proche de la floraison. Mais c'était correct : au moins il était vivant.

L'année suivante, en août 2011, après un très bel été dans mon arrière-cour et un printemps froid et humide, mon plant forma des bourgeons et donna une floraison spectaculaire. Cinq ans s’étaient écoulés depuis que les plants avaient vu le jour. Anecdotiquement ; cela prend trois à quatre années à partir des semences pour réussir la même chose, ce que j'ai pu comprendre en parlant à certains jardiniers. J'ai aidé le plant à grimper en enroulant une petite attache ou deux pour l'aider à atteindre l'arbre qui mesure 2 m (6 pi) de hauteur et 1.5 m (4 pi) de largeur. Après cela, j’ai laissé aller le plant à sa guise. Le seul problème : mon chat a frappé un des tiges et l’a quelque peu délogé du support. Aussi, j'ai l'ai enroulé avec précaution autour d'une petite branche et en dehors de son atteinte, en cas de récidive de sa part.

À la fin du mois d'août, quand l’été traîne encore un peu et que les criquets ont commencé à jouer au violoncelle, la floraison était à son paroxysme. Les fleurettes étaient ballantes, dansant sous la brise, appuyées sur les tiges très solides de l'érable de Mandchourie (Acer mandshuricum) qui lui fournissait un partenariat parfait pour mettre en valeur sa danse végétale. Le spectacle était très élégant. En fait, je me questionnais à savoir quand j'avais vu une présence aussi charmante dans

mon jardin. Les fleurs ressemblaient à des petits chérubins flottant joyeusement et mystiquement dans la brise. La floraison persista la majeure partie de septembre. Les fleurs mesuraient environ 6 cm (2 1/2 po) de longueur.

NOTE 1 : une plante peut éprouver beaucoup de difficultés à survivre si on ne lui donne pas les conditions qui prévalent dans son habitat naturel. Un jardinier ne peut lui donner un habitat optimal dans son jardin mais il peut tenter de réunir le plus de conditions possibles pour assurer son bon développement. Parfois cela demande un peu de lecture, un peu d’effort physique, des essais, mais les résultats nous font vite oublier les énergies dépensées.

NOTE 2 : l’aconit grimpant ‘Red Wine’ est un hybride naturel qui est fidèle de semis en ce sens que les plantes obtenues sont semblables au pied mère.

Aconit blanc violacé (Aconitum alboviolaceum)
Un autre aconit grimpant dans mon jardin : l’aconit blanc violacé (Aconitum alboviolaceum). Photo prise dans mon jardin le 24 août 2009.

Au plaisir !!!!!!

Rock Giguère

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Imprimé le : 30 septembre 2016